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Compte-rendu des interventions de: Dr Larguillier, Jamin, Israël Nisand et de la psychanalyste Sophie Marinopoulos: Grossesses après un cancer du sein
La grossesse, désir de créer la vie, tout particulièrement après une atteinte par le cancer, est parfaitement compréhensible aux yeux des psychologues, psychanalystes et gynécologues mobilisés autour de ce thème de réflexion, évoquant implicitement ou explicitement le fait qu'Eros est la meilleur antidote contre Thanathos!!
Les données ssuivantes, pas toujours faciles à analyser d'après les intervenants eux-mêmes (!), ont été présentées:
- 1/4 des cs se produisent chez des femmes non ménopausées
- 15% chez des femmes de moins de 45 ans, dont 3% auront ensuite une grossesse.
- 2% des cs se produisent sur des femmes de moins de 35 ans, dont 8% auront une grossesse
La fertilité va varier ensuite selon les traitements adjuvants. Plus la femme est âgée, plus il y a de chance que la ménopause soit définitive.
La question posée est la suivante: La grossesse risque-t-elle de stimuler des micrométastases?
La tendance statistiquement parlant serait à l'heure actuelle de dire que le pronostic de vie sans rechute mettant la vie en danger, serait meilleur s'il y avait une grossesse après le cancer du sein. Mais les intervenants ont signalé un biais épidémiologique dans le peu d'études faites sur le sujet: les femmes ayant eu des grossesses étaient sans doute en bonne santé au démarrage de la grossesse, et très suivies ensuite, ce qui a permis de réagir très vite avec des traitements en cas de soucis.
A l'heure actuelle, il semble raisonnable de donner aux jeunes femmes, en désir de grossesse après un cs, les informations suivantes:
- Il n'y a pas d'étude à l'heure actuelle prouvant un effet délétère, mais pas non plus prouvant formellement un non-risque sur le plan santé, malgré les analyses qui ont été faites sur une cohotre de 900 femmes
- l'âge moyen des femmes sur lesquels on s'est penché était de 35 ans
- La plupart des femmes considérées avaient déjà eu une grossesse avant le diagnostic de cs
- si une grossesse a été commencée moins de deux ans après le diagnostic, dans la plupart des cas, il y a eu arrêt thérapeutique de la grossesse
- si la grossesse commençait plus de deux ans après le diagnostic, 2/3 des grossesses ont été menées à terme
- Avec un suivi médian de 87 mois, on note un taux moindre de rechutes après une grossesse menée à terme, mais 20% de ces femmes, ayant accouché à terme, ont fait des métastases quelques mois ou années après avoir accouché.
Les médecins ont conseillé l'approche suivante, pour maximiser la sécurité et réduire ainsi les risques de récidives liées à la grossesse
- Attendre 3 ans minimum, si la tumeur était très petite, sans ganglion atteint et de bas grade, et la tumeur étant HR- (non hormonodépendant)
- Attendre 5 ans si le diagnostic initial donnait un panorama un peu plus sévère, en taille, en grade ou ganglions atteints et la tumeur étant HR+(hormonodépendant), nécessitant donc 5 ans de prise de Tamoxifène;
- Après 10 ans, les risques seraient identiques quel que soit le diagnostic de départ.
Les éventuelles micro-métastases de cancers hormonodépendants présenteraient un plus grand risque que celles des cancers non hormonodépendants, d'être stimulées par une grossesse et un accouchement.
Il a été souligné l'importance pour le corps médical d'accueillir la parole des femmes souhaitant avoir un enfant après un cs, en respectant l'expression de ce désir, sans jamais le juger.
Enquête "Donner la vie après un cancer du sein"
Le Docteur Jamin (gnécologue/obstétricien, à l'origine de cette enquête, après avoir constaté le manque d'études concernant cet aspect de l'après cancer du sein, a reçu 100 témoignages de femmes ayant vécu une grossesse, menée à terme ou pas, interrompue volontairement ou spontanément, y compris une grossesse extra-utérine , après ou pendant un cancer du sein.
Il souhaiterait en obtenir 1000 pour que cette étude soit significative.
Il propose un questionnaire de 12 pages (que je tiens à votre disposition si vous souhaitez participer à cette étude anonyme), permettant de connaître votre parcours avant la maladie, au moment du diagnostic, pendant et après les traitements, au début et pendant votre grossesse, quelle qu'en soit l'issue.
Les questions sont claires, la présentation simple, le chemin "bien balisé" pour faciliter vos réponses.
Note de la modératrice!! Merci à vous toutes de m'avoir lue. J'ai essayé ici de vous rendre objectivement les informations données par les intervenants, ou les conlusions des échanges qu'ils avaient entre eux devant les participants à ce congrès de l'AFACS, dont il faut le rappeler, l'immense majorité était des gynécologues et des médecins, ce qui explique l'approche plutôt statistique des questions posées. J'ai observé comme toujours dans ce genre d'événement, une très grande prudence des uns et des autres, si des études à grande échelle n'avaient pas encore conforté leurs ressentis ou leurs approches personnels. Il est évident que seul votre oncologue, votre gynécologue ou votre généraliste pourra utilement vous conseiller lors de votre suivi post cancer du sein, que vous envisagiez ou non une grossesse après vos traitements.
_________________ Nicole M-F
"Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l'entraide et la solidarité visant à un but commun : l'épanouissement de chacun dans le respect des différences.(Fr. Dolto)"
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